Florence SUTER

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La Clinique naturelle
Rue Jean-Sénebier 20
1205 Genève

Il y a le stress que l’on ressent avant un rendez-vous important, un examen ou une situation inhabituelle. Et puis, il y a celui qui s’installe progressivement, parfois sans même que l’on s’en rende compte. On continue à travailler, à gérer les obligations, à répondre aux messages, à prendre soin des autres… Pourtant, quelque chose change : on dort moins bien, on manque d’énergie, on devient plus irritable ou on a du mal à se concentrer.

Alors, pourquoi le stress nous fatigue-t-il autant ? Et surtout, comment retrouver de l’énergie lorsque l’on a l’impression d’être constamment sous tension ?

Le stress n’est pas forcément mauvais

Tout d’abord, le stress constitue une réaction normale de l’organisme. Il nous aide notamment à mobiliser rapidement nos ressources lorsqu’une situation demande de l’attention, un effort ou une adaptation.

Par exemple, avant un entretien, un examen ou une prise de parole, une certaine tension peut nous aider à rester plus vigilant et plus réactif. Dans ce contexte, le stress reste ponctuel et diminue généralement lorsque la situation se termine.

En revanche, lorsque notre organisme reste sous tension pendant longtemps, il dispose de moins de temps pour récupérer. Ce n’est donc pas forcément le stress ponctuel qui nous épuise, mais plutôt l’absence de récupération entre les périodes de tension.

Pourquoi le stress fatigue-t-il autant ?

Lorsque nous subissons une forte pression, notre organisme se mobilise pour répondre à ce qu’il perçoit comme une demande, une difficulté ou une menace. Au début, cette mobilisation peut même nous donner l’impression d’avoir davantage d’énergie : nous avançons, nous faisons face, nous tenons bon.

Cependant, lorsque la tension dure, notre capacité à récupérer diminue. Peu à peu, la fatigue s’installe et nous pouvons avoir l’impression de fonctionner en permanence « sur nos réserves ».

Nous pouvons alors ressentir une fatigue persistante, des difficultés de concentration, davantage d’irritabilité, des tensions musculaires ou encore un sommeil moins réparateur. De plus, nous pouvons avoir du mal à ralentir, même lorsque rien d’urgent ne se passe.

Bien sûr, ces manifestations peuvent avoir de nombreuses causes et ne caractérisent pas uniquement le stress. Néanmoins, lorsqu’elles apparaissent pendant une période de forte pression, elles peuvent nous pousser à questionner notre équilibre entre activité et récupération.

Pourquoi est-il parfois si difficile de récupérer ?

On pourrait penser qu’il suffit de se reposer pour récupérer. Pourtant, ce n’est pas toujours aussi simple.

Lorsque notre mental reste en état d’alerte, nous pouvons nous retrouver allongés dans notre lit tout en continuant à réfléchir à ce qui s’est passé, à ce qui doit être fait ou à ce qui pourrait arriver. Le corps reste immobile, mais l’esprit continue de fonctionner.

Ainsi, le repos physique ne garantit pas toujours un véritable repos intérieur.

C’est notamment pour cette raison que certaines personnes disent : « Je dors, mais je ne récupère pas. » Elles ont parfois besoin de retrouver non seulement du repos physique, mais aussi de véritables moments de déconnexion mentale.

Stress et sommeil : un cercle qui peut s’installer

Le stress et le sommeil peuvent parfois s’influencer mutuellement. Lorsque nous sommes préoccupés ou très tendus, nous pouvons avoir plus de difficultés à nous endormir ou à profiter d’un sommeil suffisamment réparateur.

À l’inverse, lorsque nous manquons de sommeil, nous disposons souvent de moins de ressources pour faire face aux difficultés de la journée. Par conséquent, une situation stressante peut nous sembler encore plus difficile à gérer.

Un cercle peut alors s’installer : stress, sommeil perturbé, fatigue, puis davantage de difficultés à gérer le stress.

C’est pourquoi nous avons intérêt à prendre soin de notre récupération avant d’atteindre l’épuisement.

Comment savoir si j’ai besoin de ralentir ?

Aucun signal unique ne permet d’affirmer que nous subissons « trop de stress ». En revanche, certains changements peuvent attirer notre attention.

Par exemple, tu peux te demander :

  • Est-ce que je me sens souvent tendu sans raison évidente ?
  • Est-ce que j’ai du mal à m’arrêter, même lorsque j’en ai la possibilité ?
  • Est-ce que mon sommeil est devenu moins réparateur ?
  • Est-ce que je me sens plus irritable ou plus sensible qu’habituellement ?
  • Est-ce que j’ai l’impression de fonctionner constamment en mode automatique ?
  • Est-ce que je passe mes journées à faire, sans réellement prendre le temps de récupérer ?

Ces questions ne permettent pas de poser un diagnostic. Elles peuvent cependant t’aider à prendre conscience de ton niveau de tension et à repérer le moment où tu as besoin de ralentir.

Comment diminuer le stress au quotidien ?

Nous ne pouvons pas toujours supprimer les sources de stress. Certaines situations font partie de notre vie et ne changeront pas immédiatement.

En revanche, nous pouvons parfois agir sur notre façon de récupérer. C’est pourquoi de petites pauses régulières peuvent trouver leur place dans notre journée, même lorsque nous avons l’impression de ne pas avoir le temps.

Faire de vraies pauses

Une pause ne consiste pas forcément à consulter ses messages ou les réseaux sociaux. Même si nous avons l’impression de nous distraire, notre cerveau continue alors à recevoir de nouvelles informations.

À l’inverse, quelques minutes de silence, une promenade, une respiration consciente ou simplement regarder par la fenêtre peuvent créer une véritable coupure.

L’objectif n’est donc pas de ne rien faire toute la journée. Il s’agit plutôt de permettre régulièrement à notre cerveau de sortir du mode « action ».

Revenir aux sensations corporelles

Lorsque nous sollicitons beaucoup notre mental, nous pouvons finir par ne plus vraiment sentir notre corps. Pourtant, les sensations corporelles peuvent nous aider à revenir au moment présent.

Tu peux, par exemple, prendre quelques secondes pour remarquer ta respiration, la position de tes épaules, la tension de ta mâchoire, le contact de tes pieds avec le sol ou encore la température de l’air sur ta peau.

Tu n’as pas besoin de modifier quoi que ce soit. Commencer par observer constitue déjà une façon de ralentir et de sortir, ne serait-ce que quelques instants, du flot des pensées.

Respirer plus consciemment

La respiration nous accompagne à chaque instant. Elle peut donc devenir un point d’ancrage simple lorsque nous avons besoin de retrouver un peu de calme.

Plutôt que de chercher à respirer « parfaitement », tu peux simplement observer ton inspiration et ton expiration pendant quelques instants. Puis, si cela reste confortable, laisse progressivement l’expiration s’allonger.

L’objectif n’est pas de forcer la détente. Il s’agit simplement de créer un espace entre deux moments de tension.

Identifier ce qui peut attendre

Lorsque nous sommes stressés, tout peut sembler urgent. Pourtant, tout ne l’est pas.

Prendre quelques minutes pour distinguer ce qui doit réellement se faire aujourd’hui de ce qui peut attendre demain permet parfois de réduire considérablement la pression mentale.

Tu peux alors te demander :

Qu’est-ce qui est vraiment important maintenant ?

Qu’est-ce qui peut attendre ?

Qu’est-ce que je peux déléguer ou abandonner ?

Cette dernière question reste souvent la plus difficile. Pourtant, elle peut aussi apporter un véritable soulagement.

Une petite pause anti-stress à essayer aujourd’hui

Si tu sens que la tension monte, prends simplement deux minutes pour faire une pause.

Installe-toi confortablement et pose tes pieds au sol. Commence par observer ta respiration sans chercher à la modifier. Ensuite, porte ton attention sur trois sensations dans ton corps.

Puis relâche volontairement les épaules et desserre légèrement la mâchoire. Enfin, demande-toi :

« De quoi ai-je besoin maintenant, vraiment ? »

La réponse n’a pas besoin d’être compliquée. Cela peut être boire un verre d’eau, sortir prendre l’air, terminer une tâche, demander de l’aide ou simplement prendre quelques minutes de repos.

Parfois, écouter ce dont nous avons réellement besoin constitue déjà une première façon de réduire la pression.

Quel rôle peut jouer la sophrologie ?

La sophrologie offre un espace pour ralentir et développer une meilleure conscience du corps, de la respiration et des sensations.

À travers différents exercices, elle nous invite notamment à porter davantage attention à ce qui se passe en nous et à créer des moments de pause dans notre quotidien.

Cependant, la sophrologie ne consiste pas simplement à « se détendre ». Elle peut aussi nous apprendre progressivement à mieux identifier nos tensions, nos besoins et nos ressources.

Ainsi, l’objectif n’est pas de ne plus jamais ressentir de stress. Il s’agit plutôt de développer davantage de ressources pour y faire face et retrouver plus facilement un état de calme.

Et l’hypnose ?

L’hypnose peut également trouver sa place dans un accompagnement lorsque le stress occupe une place importante.

Elle permet notamment de travailler sur certaines habitudes, perceptions ou représentations associées aux situations vécues comme stressantes. Elle peut ainsi compléter d’autres approches dans une démarche globale.

Là encore, il ne s’agit pas d’une solution magique. Chaque personne et chaque situation restent différentes. Un accompagnement permet justement de rechercher ce qui peut répondre aux besoins de chacun à un moment donné.

Et si mon stress est devenu permanent ?

Lorsque la fatigue et la tension s’installent durablement, mieux vaut éviter d’attribuer automatiquement tous les symptômes au stress.

En effet, une fatigue persistante, des troubles du sommeil ou d’autres symptômes peuvent avoir différentes causes. Si ces difficultés durent, s’intensifient ou perturbent fortement ton quotidien, en parler avec un professionnel de santé peut t’aider à en rechercher la cause.

Prendre soin de soi ne signifie pas attendre d’être complètement épuisé pour réagir. Au contraire, plus nous apprenons à repérer les premiers signes de surcharge, plus nous pouvons agir avant que l’épuisement ne s’installe.

Quelques mots de Flo

Dans mes accompagnements, j’entends régulièrement cette phrase :

« Je suis fatigué(e), mais je n’arrive pas à m’arrêter. »

Derrière ces quelques mots, il y a parfois une personne qui a passé beaucoup de temps à tenir, à gérer, à anticiper et à répondre aux besoins des autres.

Pourtant, récupérer n’est pas un luxe. Le repos n’est pas quelque chose que l’on doit mériter après avoir tout terminé.

Au contraire, prendre le temps de récupérer permet aussi de retrouver davantage de disponibilité pour soi, pour les autres et pour ce qui compte vraiment.

Alors, peut-être que la question n’est pas seulement :

« Comment faire pour avoir moins de stress ? »

Mais aussi :

« Comment puis-je créer davantage d’espace pour récupérer dans ma vie ? »

C’est parfois à partir de cette question que le changement peut commencer.

La Voix de Flo – Sophrologie & Hypnose à Genève