Il y a des moments où le corps est fatigué, mais où le cerveau, lui, semble avoir décidé de continuer sa journée. On repense à une conversation, on anticipe demain, on cherche une solution à un problème ou encore on rejoue ce qu’on aurait dû dire.
Et plus on se dit « il faut que j’arrête de penser », plus les pensées semblent revenir.
Alors, comment calmer son mental quand on pense trop ? Et surtout, comment retrouver un peu d’espace intérieur sans avoir à lutter contre ses pensées ?
Pourquoi je pense autant ?
Tout d’abord, penser est une fonction normale de notre cerveau. Le problème n’est donc pas d’avoir beaucoup de pensées. En revanche, la difficulté apparaît lorsque nous avons l’impression de ne plus pouvoir prendre de distance avec elles.
En effet, une pensée en entraîne souvent une autre :
« Il faut que je règle ça. »
« Et si ça se passe mal ? »
« J’aurais peut-être dû… »
« Il faut aussi que je pense à… »
Ainsi, le mental cherche constamment à anticiper, comprendre, résoudre ou contrôler. Lorsque nous sommes particulièrement préoccupés par une situation, cette activité peut alors devenir envahissante.
On peut finalement avoir l’impression d’être constamment « dans sa tête ».
Pourquoi est-ce encore plus difficile le soir ?
Pendant la journée, nous sommes généralement sollicités par de nombreuses choses : travail, conversations, déplacements, tâches à accomplir…
Cependant, lorsque tout ralentit le soir, les pensées peuvent devenir beaucoup plus présentes.
Ce n’est pas forcément parce que nous pensons davantage. C’est aussi parce que nous avons enfin suffisamment de calme pour les remarquer.
De plus, lorsque la journée a été particulièrement chargée émotionnellement, le silence peut laisser davantage de place à ce qui n’a pas encore été « digéré ».
C’est pourquoi certaines personnes ont l’impression que leur cerveau se met justement à fonctionner au moment où elles voudraient dormir.
Penser, s’inquiéter ou ruminer : quelle différence ?
Toutes les pensées ne se ressemblent pas. Par exemple, réfléchir à un problème peut nous aider à trouver une solution.
À l’inverse, s’inquiéter consiste souvent à imaginer différents scénarios possibles, notamment ceux que nous redoutons.
Quant à la rumination, elle peut donner l’impression de tourner en boucle autour de la même situation sans parvenir à avancer.
Par exemple, se demander :
« Qu’est-ce que je peux faire demain pour résoudre ce problème ? »
correspond à une réflexion orientée vers une action.
En revanche, se demander :
« Pourquoi ai-je fait ça ? Pourquoi est-ce que j’ai dit ça ? Et si j’avais fait autrement ? »
peut nous maintenir dans une boucle mentale.
Autrement dit, la première question ouvre une possibilité d’action, tandis que la seconde peut nous enfermer dans le passé.
Faut-il essayer d’arrêter de penser ?
Pas forcément.
Et pourtant, c’est souvent notre premier réflexe. Nous voulons faire taire les pensées, les contrôler ou les faire disparaître.
Cependant, plus on essaie de supprimer une pensée, plus on risque parfois de lui accorder de l’attention.
L’objectif peut donc être différent : apprendre à ne pas suivre automatiquement chaque pensée.
Une pensée peut être présente sans que nous ayons besoin de la résoudre immédiatement. Ainsi, plutôt que de lutter contre notre mental, nous pouvons apprendre à observer ce qui se passe dans notre tête, puis à ramener progressivement notre attention vers notre corps et notre environnement.
C’est notamment l’une des pistes utilisées en sophrologie.
Comment calmer son mental concrètement ?
1. Revenir au corps
Tout d’abord, lorsque le mental s’emballe, porter volontairement son attention sur les sensations corporelles peut permettre de sortir, pendant quelques instants, du flux des pensées.
Tu peux, par exemple, remarquer :
-
le contact de tes pieds avec le sol ;
-
le poids de ton corps sur la chaise ;
-
la température de l’air sur ta peau ;
-
les mouvements de ta respiration ;
-
les tensions présentes dans ton visage, tes épaules ou ton ventre.
Il ne s’agit donc pas de faire disparaître les pensées. Il s’agit simplement de déplacer ton attention.
2. Respirer sans chercher à « bien respirer »
De la même manière, lorsque nous sommes stressés, nous pouvons avoir tendance à vouloir contrôler notre respiration.
Pourtant, tu peux simplement essayer de l’observer.
Inspire tranquillement, puis laisse l’expiration se faire sans chercher à la forcer. Pendant quelques respirations, observe simplement le mouvement de ton ventre ou de ta poitrine.
Ainsi, le but n’est pas de réussir un exercice de respiration. Le but est plutôt de créer une petite pause.
3. Donner une place à la pensée
Ensuite, lorsque tu remarques une pensée qui revient sans cesse, tu peux essayer cette phrase :
« Je remarque que je suis en train de penser à ça. »
C’est très différent de :
« Il faut absolument que je règle ça maintenant. »
Dans la première phrase, tu observes ce qui se passe. Dans la seconde, tu es déjà embarqué dans la pensée.
Cette petite différence peut sembler anodine. Pourtant, elle permet progressivement de créer une distance avec le flux mental.
4. Écrire ce qui tourne dans ta tête
Lorsque plusieurs préoccupations se mélangent, prendre quelques minutes pour les écrire peut également être utile.
Il n’est pas nécessaire de rédiger une page entière. Au contraire, quelques mots peuvent suffire.
Tu peux noter :
Ce qui me préoccupe actuellement : …
Ce que je peux réellement faire aujourd’hui : …
Ce qui peut attendre demain : …
De cette façon, tu peux progressivement distinguer ce qui demande une action de ce qui n’a pas besoin d’être résolu immédiatement.
5. Faire une vraie pause sensorielle
Enfin, lorsque le mental est très sollicité, une activité qui mobilise les sens peut aider à revenir au présent.
Par exemple, tu peux boire une boisson chaude en prêtant attention à sa température, écouter une musique en portant attention aux différents sons, prendre une douche en ressentant l’eau sur ta peau ou marcher quelques minutes en observant réellement ce qui t’entoure.
Ce sont des choses très simples. Et pourtant, elles peuvent constituer une véritable pause lorsque le mental est saturé.
Il n’est donc pas toujours nécessaire de faire quelque chose de compliqué pour revenir au calme.
Une petite expérience à essayer ce soir
Maintenant, lorsque tu remarques que ton mental tourne en boucle, ne cherche pas immédiatement à arrêter tes pensées.
À la place, essaie cette petite expérience.
1. Observe une pensée
Tu peux simplement constater :
« Je pense à ce problème. »
2. Observe trois sensations dans ton corps
Par exemple : mes pieds sont chauds, mes épaules sont tendues, ma respiration est rapide.
3. Pose-toi cette question
« Est-ce que je peux laisser cette pensée être là sans avoir besoin de la résoudre maintenant ? »
Puis respire tranquillement.
La pensée peut revenir. Ce n’est pas un échec.
Au contraire, chaque fois que tu remarques que tu es reparti dans tes pensées et que tu reviens à tes sensations, tu entraînes progressivement cette capacité à prendre de la distance.
Et la sophrologie dans tout ça ?
La sophrologie propose notamment un travail autour de la respiration, des sensations corporelles, de l’attention et de la perception de soi.
Ainsi, elle peut être utilisée comme un espace pour ralentir, revenir au corps et apprendre progressivement à mieux reconnaître ce qui se passe en soi.
Il ne s’agit cependant pas de « vider sa tête ».
Il s’agit plutôt d’apprendre à ne pas être constamment emporté par ce qui se passe dans sa tête.
Et l’hypnose ?
L’hypnose peut également être utilisée dans un accompagnement lorsque le mental prend beaucoup de place.
Elle s’appuie sur un état d’attention particulier qui peut favoriser le travail sur certaines habitudes, perceptions ou représentations.
Cependant, comme pour toute démarche d’accompagnement, elle ne constitue pas une solution magique.
Elle peut néanmoins devenir un outil parmi d’autres pour apprendre progressivement à modifier sa manière de vivre certaines situations.
Et si je n’arrive vraiment pas à lâcher prise ?
Peut-être que le problème n’est justement pas de « lâcher prise ».
En effet, cette expression peut parfois ajouter une pression supplémentaire :
« Je devrais réussir à lâcher prise. »
Et nous voilà repartis dans le mental…
C’est pourquoi il peut être plus intéressant de commencer beaucoup plus simplement :
« Est-ce que je peux m’offrir cinq minutes pendant lesquelles je n’ai rien à résoudre ? »
Pas une heure. Pas toute une soirée. Cinq minutes.
Respirer. Sentir son corps. Regarder autour de soi. Laisser les pensées passer.
Puis recommencer demain.
Finalement, calmer son mental n’est pas forcément apprendre à ne plus penser. C’est peut-être apprendre, petit à petit, à choisir où l’on pose son attention.
Quelques mots de Flo
Dans mes accompagnements en sophrologie et en hypnose, je rencontre régulièrement des personnes qui me disent :
« Je sais que je devrais arrêter de penser… mais je n’y arrive pas. »
Pourtant, je préfère leur proposer une autre perspective :
Et si vous n’aviez pas besoin d’arrêter de penser ?
Et si vous pouviez simplement apprendre à retrouver un peu plus de liberté face à vos pensées ?
C’est souvent là que le changement commence.
La Voix de Flo – Sophrologie & Hypnose à Genève
